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La Vie Saine : savoir transmettre… à temps !

La Vie Saine : savoir transmettre… à temps !

La Vie Saine : savoir transmettre… Au bon moment!

Quoi de plus difficile pour un chef d’entreprise que de se séparer de ce qui, des décennies durant, a constitué l’épicentre de son existence. On y songe, on l’envisage, on cherche Qui pourrait bien avoir l’étoffe d’assurer à la formidable aventure humaine que l’on a engendré l’essor qu’elle mérite. Puis le temps passe, les pièges et les miroirs aux alouettes abondent, si bien qu’au final beaucoup échouent à trouver la solution idéale. Mais pas tous ! (LIRE LA SUITE)

La Vie Saine est l’archétype de l’entreprise familiale née de l’implication totale de son créateur. On peut même parler, à propos de Yvan Rémy, de véritable militantisme. Lorsqu’il ouvre à Dijon, en 1952, sa première boutique de produits « bio », ce végétarien convaincu doit ramer des années durant à contre-courant pour se constituer un réseau de producteurs locaux engagés. Et il peine à se constituer une clientèle sensible aux vertus d’une nourriture plus saine. Rejoint dans les années 80 par son fils Yves, tous deux vont alors, côte à côte, au fil des 20 années suivantes, faire prospérer une enseigne qui ne s’adresse encore qu’à une poignée de gens avertis.

 Explosion !

Le fils apporte à l’entreprise une dynamique et des idées nouvelles. Ayant repris le gouvernail au décès de son père, Yves modernise les magasins et s’ouvre à un public plus large. Deux, trois, quatre, cinq boutiques ouvrent en Bourgogne, puis en Occitanie. Et bientôt, ceux qui n’étaient jusque-là que des pionniers marginaux voient venir à eux une clientèle de plus en plus nombreuse, précipitée là par l’enchaînement des crises alimentaires, la montée inquiétante de l’obésité et une prise de conscience globale de l’influence de l’alimentation sur la santé et des limites de l’alimentation industrielle qui remonte jusqu’aux gouvernements (Grenelle de l’environnement…).

 

No successeur…

En l’espace de quelques années, tout change. Un seul chiffre en donne la mesure puisque ce sont aujourd’hui plus de 90% des Français qui se disent concernés par le bio, dont 65% de consommateurs réguliers. Alors même qu’ils n’étaient encore que 40% en 2011 !

Résultat : rien qu’entre 2013 et 2016, le chiffre d’affaires global de La Vie Saine bondit de 57%. Fruit du dynamisme du marché, de l’excellente image de marque d’une enseigne garante de la qualité de ses produits comme de l’implication sans faille d’Yves Rémy. Un dirigeant avec lequel nous sommes en contact depuis des années déjà.

 

Au début de cette période, en effet, Yves Rémy a fait venir auprès de lui son fils et sa fille afin qu’ils le secondent. Voire plus si affinités... Aucun des deux malheureusement ne se sent l’appétit suffisant pour assumer ce rôle essentiel de troisième relais de l’entreprise familiale. Relais dont la mission principale sera de mettre en œuvre le « grand déploiement ». L’entreprise affiche désormais plus de 20 millions d’euros de chiffres d’affaires pour une petite dizaine de magasins. L’heure est au passage du régional au national et à la négociation avec les centrales d’achats. Une stratégie ambitieuse à déployer en pleine accélération du marché, sans que la qualité en pâtisse et sans y perdre non plus son âme… vaste programme. Les enfants renoncent et Yves Rémy nous demande de lui trouver un successeur. Pas un repreneur, un successeur ; nuance.

 

Chausse-trappes & conseilleurs…

Nous posons un diagnostic et nous mettons donc en quête, arrêté en pleine course après quelques mois par Yves Rémy. Il a fait le point sur sa fiscalité et découvert que vendre maintenant ne serait définitivement pas la bonne équation pour lui. A plus de 65 ans, il décide donc de continuer de piloter l’entreprise encore un peu. Deux ans plus tard, heureusement, grâce à une nouvelle loi de finance plus avantageuse, il revient vers nous et nous demande de nous remettre au travail.

 Alors, on reprend tout à zéro ; nonobstant les conseils de certains proches de pouvoir se passer des conseils d’un tiers. I-Deal Development en l’occurrence.

« Attention », le prévenons-nous, il ne s’agit pas d’une banale passation de bilans. Si vous vendez à un industriel appâté par le marché, c’en sera fini de votre marque, de son essence et de la belle aventure humaine. Nous lui faisons rencontrer un certain nombre de « pointures » au sein de la grande distribution comme du bio sur internet. Catastrophe humaine, choc des cultures, incompréhension totale… Surtout lorsqu’Yves Rémy évoque le véritable pacte qu’il a passé avec ses producteurs, qu’il connaît tous, personnellement. Oui, il achète leur surproduction et, oui, il accepte au contraire que cette production soit insuffisante d’autres années si la météo a été mauvaise. Comment faire autrement ? Le bio, leur explique-t-il, c’est la nature, l’incertitude, le faillible. Mais aussi la confiance, le relationnel, l’humain, enfin !...

      

 

 

La femme de la situation !

« Il faut quelqu’un de véritablement sensible à votre produit particulier, lui assurons-nous. Qui soit dans le même temps un dirigeant moderne, à l’aise avec la finance et la grande distribution. Et, bien sûr, qui aie une envie énorme de pareille aventure ». Bref : l’oiseau rare ! Et nous le lui trouvons.

La perle rare s’appelle Pascale Cartier, directrice des achats alimentaires et parfumerie chez Monoprix, responsable, entre autres, d’une partie du succès de la ligne Monoprix Gourmet.

Entre Yves et Pascale, le courant passe immédiatement. Si la manager issue du Top Ten d’un grand groupe voit immédiatement tout ce qu’il faut changer dans le petit groupe régional pour avancer, elle sait également la part que des valeurs aussi subjectives que la « Confiance » peut prendre dans la création de valeur globale et le succès d’une marque.

Reste à trouver l’argent. Et des investisseurs respectueux. Car si Pascale a mis dans l’affaire jusqu’à son dernier centime (signe fort et bienvenu), on est encore très loin du compte…

 

Equation parfaite

Evidemment, au regard des chiffres de l’entreprise comme du marché, les prétendants ne manquent pas. Après analyse des différents dossiers, nous retenons finalement Edmond de Rothschild (via Cabestan, sa structure dédiée) investisseur dont l’intérêt sera clairement d’accompagner la marque dans son développement. EtBPI France qui, en consolidant ce réseau dynamique, œuvre à supporter la filière dans son ensemble et se trouve parfaitement à sa place. 

Et l’affaire se fait.

 

Dans quelques mois, suite à cette transmission, Pascale et Yves pourront inaugurer, ensemble, un nouvel emplacement du groupe, à Quétigny sur Orge. Belle passation de pouvoir entre le régional et la nationale. Et perpétuation d’une success-story basée sur la confiance et la qualité.   

 

Sagesse d’un dirigeant

Tout cela parce qu’Yves Rémy aura eu la sagesse de prendre les bonnes décisions, quand il le fallait. En décidant tout d’abord, fait rare, de transmettre au bon moment : c’est-à-dire quand tout va bienEn acceptant ensuite d’octroyer des limites à ses compétences et de se faire aider, ce qui n’est jamais le plus simple, même si certains ont fini par reconnaître, sur le tard, qu’il était préférable de se faire appuyer par Ideal Development, compte tenu de notre expérience tant métier que marché. 

Au final, donc, Yves Rémy - qui s’est toujours énormément investi dans la vie citoyenne et sociale de sa région - s’autorise enfin, rassuré, à s’élancer sans le moindre regret vers la nouvelle vie qu’il s’est choisi. L’esprit d’autant plus tranquille que les nouvelles qui lui parviennent de La Vie Saine sont excellentes. Pascale Cartier distillant aujourd’hui à toutes ses équipes des directives et des projets de développement plutôt enthousiasmants...

Dont acte, comme disent les juristes !

 

Frédéric Bonan et Jérome Bourgine

 

 

(Frédéric Bonan, Pascale Cartier, Yves Rémy, Thierry Bloch)

 

Le mot de la fin, par Yves Rémy. (propos recueillis par Jérome Bourgine journaliste Challenge)

« La médiation d’I-Deal Development a été plus qu’utile, essentielle ! On ne cède pas son entreprise tous les jours. Personnellement, cela ne m’était jamais arrivé. J’ai déjà racheté des affaires et c’est d’ailleurs ainsi que j’étais entré en contact avec ce cabinet, appréciant toujours leur travail. Mais là, il s’agissait de tout autre chose. Car si je connaissais des professionnels au niveau local, il me fallait cette fois des personnes possédant une vision globale du marché, des enjeux et des acteurs. De ce point de vue, c’est simple, ils ont été parfaits. Leur capacité d’écoute les a amenés à une vraie connaissance du produit, de notre métier et notre culture. Une identité qu’ils ont ensuite remarquablement représentée, valorisée et défendue, jusqu’au bout. Je suis donc absolument satisfait de leur travail et ai déjà eu l’occasion de les recommander. En toute confiance »