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Saegus : J'ai dit simple !…

Saegus : J'ai dit simple !…

C’est l’histoire, devenue classique, de trois amis consultants chez Logica qui, fin 2014, créent leur start-up dans le numérique. Innovante, agile, interactive, Saegus démarre en trombe. Premier client en 2015, 40 collaborateurs en 2016, entrée dans le Top Ten Great Place to Work la même année, inscription en 2017 par BFM au tableau des 12 starts-up d’avenir de l’année… Le traditionnel début de toute success-story. Et puis… (LIRE LA SUITE)

 

Et puis voici que ces as de la déclinaison digitale mise au service de l’entreprise viennent me trouver (Frédéric Bonan); Marc Trilling en tête, son président, accompagné de David Semhoun et Frédéric Brajon, les deux autres cofondateurs.

Ils s’expliquent. Les trois amis ne détiennent que 49.99% des parts de l’entreprise, le reste appartenant à la société de conseil Colombus qui les a aidés à se créer, elle-même filiale du groupe Neurones, côté en bourse.

Or, si le courant a parfaitement passé entre Saegus et Colombus tout le temps de la création puis du décollage de la jeune pousse, à présent que celle-ci vole de ses propres ailes et bouillonne de projets, les rapports se sont espacés, compliqués, et disparaissent bilatéralement. Donc, nos trois amis souhaitent prendre leur autonomie. Rien là d’épouvantable certes, d’autant qu’au moment de la création du partenariat, un modus operandi a été établie, définissant jusqu’à un éventuel prix de cession.

Course d’obstacles

C’est une bonne chose. Si ce n’est que la cession d’une entreprise ne saurait se réduire à l’application d’une formule quelle qu’elle soit.

Les contacts avec Colombus commencent pour obtenir leur feu vert. Première étape difficile à franchir en dépit du fait que cette société réalisera une belle opération financière en multipliant sa mise en l’espace de quelques mois ainsi qu’en témoigne son banquier d’affaires, invité aux échanges. Une fois les malentendus aplanis grâce à ce dernier, la raison et les chiffres finissent donc par l’emporter et l’accord de principe est acquis.

Quand surgit une délicatesse technique qui va tout compliquer. Nous découvrons en effet que les détenteurs de titres le sont au travers d’un P.E.E. ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire, sinon qu’il devient compliqué d’envisager une redistribution du capital. La loi n’a pas véritablement prévu le cas et trouver un chemin vers la sortie devient soudain une autre paire de manches. Nous multiplions les essais, mais lorsque la solution trouvée fonctionne fiscalement, c’est ailleurs que le modèle pêche. Et vice-versa. Entrée en jeu des experts...

 

Humain, trop humain 

Loin de clarifier le dossier comme attendu, la multiplication des intervenants va entrainer celle des points de vue. Désaccords, impasses, conflits larvés, changement de joueurs, il nous faut gérer et déminer des relations humaines complexes sachant que, pour couronner le tout, pèse sur nos têtes un autre facteur de stress considérable : une dead-line très courte a été fixée. Nous avons jusqu’à l’été pour tout boucler, sinon…

Le premier montage est refusé. Je parviens alors à faire repousser la date limite de quelques semaines, jusqu’à la rentrée de septembre, chacun étant au fait qu’il est, en France, assez compliqué d’agir efficacement durant les grandes vacances.

Gérant au mieux et en toute transparence les rapports distendus entre les partis, la valse des experts et la forte impatience qui - paradoxalement, car nous avons, nous, l’impression de sprinter ! - monte de part et d’autre, Ensemble nous parvenons à trouver une solution Et nous parvenons à signer un accord exemplaire avant fin septembre Ouf !

 

Volet financier

Reste à trouver le financement. Sans trainer là encore, puisqu’à la fin de l’année, la valorisation des titres, ne sera tout simplement plus valide. Après avoir accompli des miracles dans le montage du dossier, Thierry Bloch, Directeur associé chez Ideal-Development, réussi à obtenir que les fondateurs, déjà endettés, n’aient pas à réinvestir financièrement personnellement, qu’ils ne soient pas non plus pénalisés fiscalement et qu’ils détiennent néanmoins 100% du contrôle de leur entreprise. Ce, en ayant, de plus, remboursés tous les titres et avances de trésoreries !

Nous sommes d’autant plus ravis que les premières banques contactées nous avait garanties que c’était « impossible » et que nous serions « obligés » de faire entrer un fond d’investissement. Et donc, de diluer le capital.

Sur ce point, force est de reconnaître que la Bred comme le Crédit Coopératif, patients, constructifs et réactifs, se sont montrés des partenaires financiers parfaits et nous ont aidé à trouver une solution financière solide et adaptée.

 

Donner le meilleur, toujours

Tout est bien qui finit bien, alors ?... Sans doute, mais ce n’était pas acquis. Non en raison de la complexité du dossier (Même si, au départ, comme souvent, nous avons entendus de la part de professionnels divers, plusieurs fois : « Vous n’y arriverez jamais ! »). Mais en raison de la complexité humaine acquise par ce cas d’école : entre vendeurs, acquéreurs, experts d’un bord et de l’autre (toutes entités constituées de caractères et d’ego assez présents), il a fallu à nos équipes être remarquablement zen, solides et persévérantes quand bien même, tension et éclats environnants finissaient par impacter leur moral.

 

Rarement nous aurons dépensé autant d’énergie sur une opération aussi « simple »… en apparence. Au regard de notre investissement financier et temporel, nous avons à peine atteint l’équilibre économique, mais qu’importe puisqu’au final TOUS les objectifs sont atteints et nous aurons aidé cette belle histoire à se poursuivre. En toutes circonstances, chez nous, tous les dossiers, gros ou petits, sont traités de la même manière : en nous y impliquant à 100% !  

 

Le mot de la fin, par Marc Trilling.

« Pur player consultech, installé à la pointe de l’opérationnel et veillant à rendre le plus concret possible pour les entreprises les possibilités du digital, tout ce qui est de l’ordre du capitalistique, du juridique, etc. est fort peu de notre ressort. Raison pour laquelle nous nous sommes adressés au cabinet Ideal-Development. Pour mesurer la faisabilité de l’opération dans un premier temps, puis pour nous aider à y voir clair dans les parties à mobiliser. Un partenariat essentiel qui a pris toute sa valeur lorsque nous sommes entrés dans la phase transactionnelle et la recherche de partenaires financiers où leur expertise s’est alors révélée précieuse. Leur travail soutenu nous ayant permis de conduire cette opération jusqu’à son but ».

 

 

ceo ideal deveopment
Frederic Bonan

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