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fredericbonan
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Un exemple malheureux d’un capital réparti à 50/50 entre deux actionnaires

 

 

Il arrive que le manque de dialogue entre actionnaires mette en péril une société. Ce fut le cas entre deux actionnaires (« A1 » et « A2 ») d’une jolie petite société de services. Chacun possédait exactement 50% du capital. Ils avaient réussi à mettre sur pied une activité lucrative et à constituer une équipe de grande qualité. Mais un jour, les deux actionnaires divergèrent sur la manière d’envisager l’avenir. A1 fit le choix d’aller vivre à l’étranger. S’est alors posée la question de l’avenir de la société. A2 a proposé de vendre, mais A1 a refusé. Il souhaitait continuer son activité en France depuis l’étranger.

 

A2 avait commencé à prospecter des repreneurs, et des prix avaient même été discutés. Mais face au refus de A1 de vendre, A2 s’est résigné. Une société se gèrant très difficilement à distance, elle a donc connut une baisse d’activité. Puis, grâce à un marché très dynamique, la société a connu une croissance. Elle ne fut que temporaire, car rapidement, ce même marché s’est dégradé. Un an après la première prospection pour vendre, et face à la tempête qui s’annonçait, la société ne pesait plus très lourd. Sa valeur a été divisée par plus de deux, et sa durée de vie limitée à quelques mois si aucun changement n’était apporté. Chaque mois qui passait mettait un peu plus la société en péril. Les deux actionnaires continuaient d’être dans l’absence de communication. Lorsque A1 a finalement accepté de vendre, ce fut au prix annoncé un an auparavant. Beaucoup de temps précieux s’est écoulé avant que les deux actionnaires s’accordent. Mais c’est plutôt sous une contrainte de temps que le compromis a finalement été trouvé.

 

Aujourd’hui malheureusement la conjoncture a changé. La société est en risque fort vis-à-vis de sa clientèle. Le besoin de trésorerie est vital. L’avenir de la société est sombre. La valeur de la société est basse si, toutefois elle trouve tout de même acquéreur.

 

Ainsi, l’absence totale de communication a engendré un conflit entre actionnaires, qui leur a fait perdre beaucoup de temps, qui au final a mis en péril la pérennité de la société, et donc le patrimoine. Au-delà, ce sont les emplois générés qui ont été mis en péril.

 

Cela soulève une problématique : l’actionnaire doit certes penser à son investissement, mais il ne doit pas omettre qu’au final, ses décisions s’inscrivent dans une dimension temps. Le risque qu’il prend sur son capital peut lui coûter dans le meilleur des cas deux à cinq ans de sa vie et dans le pire des cas la perte de son capital et de son emploi.

 

Il est toujours très délicat de choisir entre la continuité dans l’entreprise et la réalisation de son capital. Mais il ne faut jamais oublier que la non décision est destructrice de valeur. Seule l’action dans une société de services peut donner des perspectives.

 

 

 

Frédéric Bonan link