Chapître 2 : Le début.
Frédéric Bonan
Le nouveau patron vient de naître avec son entreprise. Ils avancent. Certes, un monde rempli de conseils les entoure mais ils se retrouvent isolés chaque jour dans toutes leurs décisions. Ils sont libres et indépendants. Personne ne les oriente et le risque les guette. Ils me font penser à cette "chèvre de Monsieur Seguin" qui, par sa soif de liberté, s'est élancée dans la nature mais qui plus tard dans la nuit seule s'est battue et s'est faite dévorée par le loup. Il est vrai que quelques uns ne subiront pas le sort de cette petite chèvre. Certains remplis de vie et de force, atteindront les premières lueurs du jour..
Ces "jeunes pousses" grossissent, les premiers jours se construisent, les mois se succèdent, et les premiers résultats viennent. Le jugement implacable de la réalité est rendu. La très grande majorité d'entre eux va s'éteindre. Rares sont parmi ces jeunes entreprises celles qui seront encore en vie après les premiers pas.
Toutefois, certaines d'entre elles, portées par leur vague, auront franchi leurs premiers "100 jours". Elles seront là, souvent inconscientes de cette première victoire. Mais, fières et heureuses, elles regardent leur avenir. La graine que ces entrepreneurs de la première heure ont planté a germée. Elle sort ses premières feuilles et se gave de soleil. Elle pousse naturellement et aspire à la croissance. Attend la pluie qui va la renforcer mais craint l'orage qui va la noyer.
Ca y est, elle devient un petit acteur du marché. Il faut qu'elle atteigne son point mort au plus vite et qu'elle puisse s'auto financer. Son avenir incertain la ralentit mais si elle hésite, alors elle rejoindra elle aussi l'immense cohorte de celles qui remplissent les tribunaux dans les couloirs du dépôt de bilan.
L'entrepreneur qui, avec son entreprise, a survécu jusque là est un peu plus aguerri, un peu plus méfiant, un peu plus dur! Mais il doit continuer son chemin. Il ne peut plus s'arrêter car désormais c'est son entreprise qui le réclame. Il ne peut pas démissionner sans la tuer ou l'abandonner. Et cela, il ne veut pas le faire. Une incroyable affection et attachement se sont développés. Une expérience commune forte vient d'avoir lieu. L'entrepreneur est à nouveau prêt.
Un souffle l'envahit, il veut poursuivre, il veut vivre son histoire.
Ce sont ces sentiments et ce ressenti que j'ai vu, croisés et parfois partagé avec certains de ces gens courageux et inconscients. Cette vie entrepreneuriale, à cette étape, bien que débutante, me semble fascinante.
J'ai rencontré ces entreprises avec une ou deux année de vie. Elles sont fraîches mais si fragiles. Parfois leur capitaine m'a demandé de l'accompagner pour qu'ensemble nous puissions franchir les étapes suivantes avec plus de sérénité.
Dans toutes mes rencontres avec ces nouveaux dirigeants, nous avions conscience que, quoiqu'il advienne, un horizon à découvrir nous attendait.
De nouveaux chapitres restent à écrire.